De l’engagement individuel à l’impact collectif

Publié le 04/12/2017

La capacité d’initiative de la société civile en France est immense. La diversité des intentions, des secteurs et des actions repose sur un dénominateur commun : l’engagement. Cette notion universelle est à la fois une promesse, un commencement, une alliance, une contrainte voire une confrontation. Elle effraie parfois, elle motive le plus souvent mais elle est au cœur du lien social, tant elle constitue le cœur de notre rapport à l’autre et au monde. Dans toutes ses significations, l’engagement est le nom que nous donnons aujourd’hui à la multitude des liens qui nous permettent de faire société.

Sa force est plus que symbolique, elle transforme le monde.

Les Français ne cessent de développer leur capacité à s’engager. En 2016, 39% d’entre eux déclarent donner de leur temps à une cause, ils étaient 36 % en 2010[1]. Là encore, cette contribution oscille entre les sens, entre la promesse et la contrainte. L’engagement est toujours utile, souvent désiré mais pas forcément facile. Des millions de personnes, bien qu’en ayant la volonté, ne s’engagent pas par manque de temps ou faute d’avoir trouvé la cause qui leur correspond malgré le travail obstiné des associations qui agrègent quotidiennement les volontés, les idées et les énergies.

Si l’engagement est populaire, encore faut-il que se rencontrent les causes et les volontés. Ce constat a inspiré la création du Service Civique autant pour ceux qui agissent déjà, que pour ceux qui veulent agir demain. Le Service Civique facilite la rencontre entre un jeune qui souhaite s’engager et une mission d’intérêt général. Cette rencontre a eu lieu plus de 200 000 fois depuis la création du dispositif en 2010.

Dans une société confrontée au risque de la fragmentation, soutenir l’engagement est un enjeu politique. Internet et les outils numériques ouvrent de nouvelles opportunités d’action collective. Là où l’individu pouvait se sentir isolé et impuissant, il s’empare désormais plus facilement de son pouvoir d’agir, qu’il s’agisse de signer une pétition numérique ou de contribuer à un projet concret.

Parce que le cadre d’action est national et que la capacité d’action est locale, il faut articuler ces deux échelles. Pour devenir universel, le Service Civique a choisi de soutenir les grandes causes identifiées au niveau national en facilitant la coopération des acteurs territoriaux afin de proposer aux jeunes volontaires des missions collectivement utiles. Il s’agit de donner une nouvelle perspective à l’engagement individuel, de dépasser une approche ponctuelle et parfois comptable, pour révéler dans toute son ampleur son impact global, au service des politiques publiques.

Le Service Civique, ce sont les jeunes volontaires qui en parlent le mieux, ils en sont même les premiers ambassadeurs ! Sur tout le territoire, à leur rencontre, l’engagement prend tout son sens au service du mieux vivre ensemble.

Deux causes nous mobilisent en cette fin d’année 2017. La première, « Aide aux devoirs faits », lancée par le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, permet d’appuyer les efforts des enseignants, des assistants d’éducation et des associations pour développer une aide aux devoirs gratuite accessible à tous les collégiens. 10 000 missions de Service Civique seront proposées durant l’année scolaire 2017-2018. La campagne « Les gestes qui sauvent » doit permettre d’initier plusieurs millions de français aux gestes élémentaires du secourisme. Nous proposerons aussi à tous les jeunes volontaires de s’emparer de la grande cause du quinquennat, l’égalité entre les femmes et les hommes.

En passant cette année la barre des 100 000 jeunes engagés dans le Service Civique, nous devenons le premier pays d’Europe pour le volontariat des jeunes. Nous sommes en train d’inventer une nouvelle école de la citoyenneté.

Yannick Blanc
Président de l’Agence du Service Civique, Haut-Commissaire à l’Engagement Civique




[1] L’évolution de l’engagement bénévole associatif, en France, de 2010 à 2016. Etude France Bénévolat, d’après le sondage IFOP, avec l’appui du Crédit Mutuel et de Recherches & Solidarités – Mars 2016