Hommage à François Chérèque, ancien président de l’Agence du Service Civique

Publié le 03/01/2017

François Chérèque avait été nommé à la tête de l'Agence du Service Civique par le président de la République François Hollande le 1er janvier 2014, à la suite de Martin Hirsch. En citant son nom au moment de quitter lui-même ses fonctions, ce dernier avait eu l'intuition que confier à un ancien syndicaliste la charge de poursuivre le développement du Service Civique permettrait de transformer cette "belle idée" en une politique d'engagement des jeunes de portée universelle.

François Chérèque avait pris ses fonctions au moment où le Service Civique connaissait une crise de croissance : victime de son succès, il peinait à trouver des financements à la hauteur de ses ambitions. A la demande de Najat Vallaud-Belkacem, François Chérèque travailla à un rapport sur l'avenir du Service Civique. Nous avons alors découvert un président aussi attaché à la vision politique qu'au pragmatisme administratif. Il donna pour horizon au Service Civique de devenir une institution majeure de la République. Dans la tradition réformiste, il ne chercha pas à trouver les interstices dans lesquels faire rentrer cette nouvelle politique publique, mais nous incita à la penser comme l'une des principales innovations sociales de la décennie. Nourri de son travail concomitant sur le plan pauvreté et de son expérience d'éducateur spécialisé, il était particulièrement exigeant sur l'accès de tous les jeunes à des missions de Service Civique enrichissantes pour eux et pour les autres. A la suite des terribles attentats de janvier 2015, il sut faire du Service Civique une partie de la réponse à la demande d'engagement, de citoyenneté et de transmission des valeurs républicaines pour et par la jeunesse. Il nous donna les perspectives, l'énergie et les idées pour doubler chaque année le nombre de volontaires engagés dans des missions d'intérêt général, jusqu'à atteindre 100 000 volontaires en 2016. Il nous a incités à aller parler avec tous ceux qui font notre société, bien au-delà de nos partenaires associatifs historiques : les grands ministères, les élus locaux, les organisations syndicales, tous les acteurs de la solidarité, afin de rendre le Service Civique universel comme l’avait demandé le président de la République.

Dans ce contexte de mutation, Patrick Kanner lui confia la réorganisation de l'Agence du Service Civique, afin de donner à cette petite agence, créée avec le Service Civique, l'assise nécessaire à la conduite de cette ambition. Elle passa de 20 à 80 collaborateurs, ajoutant à ses missions la mise en œuvre du programme Erasmus+ jeunesse, et François Chérèque fut nommé Haut-commissaire à l'engagement civique. Cette vision d'une politique globale de l'engagement de la jeunesse, fondée sur le volontariat et la reconnaissance de ce qu'apportent les jeunes à la société, François Chérèque la mettait en œuvre avec nous au moment où il dut renoncer à ses fonctions.

Nous nous souviendrons de lui comme un président visionnaire, confiant dans les jeunes et dans leur capacité à agir - les volontaires qui l’ont rencontré partout en France à l'occasion des rassemblements, lors des cérémonies du 14 juillet ou encore à l’Agence pour des groupes de travail, s'en souviennent ; comme un haut-fonctionnaire honnête et droit, fort dans ses convictions et ses combats, mais sensible et ému face à des comportements qui le blessaient ou qui le décevaient; comme un chef qui savait donner sa confiance à son équipe pour obtenir d'elle le meilleur tout en étant chaleureux, disponible et présent pour chacun; enfin, comme un homme proche de sa famille, fier de ses fils et de sa petite-fille, et confiant dans l'avenir. Nous pensons aujourd'hui à eux tous et à sa femme.

Les collaborateurs de l'Agence du Service Civique.