"Le Service Civique est un vrai tremplin pour la vie, surtout pour un jeune en situation de handicap"

Publié le 16/11/2017

"Le Service Civique est un vrai tremplin pour la vie, surtout pour un jeune en situation de handicap" Meryem et Myriam, volontaires en Service Civique chez Unis-Cité.

L'engagement est une notion universelle. Si la société entière en bénéficie, tout le monde doit y participer. Le Service Civique a fait le choix de ne jauger l'engagement qu'à l'aune de la motivation, et les jeunes en situation de handicap n'en manquent pas lorsqu'il s'agit d'agir pour les autres. Meryem et Myriam, non voyantes, nous racontent leur expérience de volontaire.

Comment avez-vous décidé de vous engager dans un Service Civique ?

Myriam : Par le bouche-à-oreille, c’est une amie qui a fait un Service Civique qui m’en a parlé et m’a donné envie de postuler.

Meryem : Moi aussi ! Et cette amie, c’est Myriam. J’étais dans une période de doutes, je voulais reprendre l’université mais cela m’a été refusé car j’avais passé mon bac il y a trop longtemps… J’avais commencé des études de cinéma avant de perdre progressivement la vue. Après un an et demi de rééducation visuelle, je ne savais pas trop comment me réorienter.

Myriam : Du coup on s’est inscrites sur le site du Service Civique et on a postulé. J’ai été reçue en entretien auprès d’une vingtaine d’organismes et toutes mes candidatures ont été admises ! Finalement on a décidé de choisir la même mission, en binôme avec Meryem.

Meryem : Tout s’est joué à une réunion d’information organisée par Unis Cité. Leur état d’esprit nous a vraiment plu, on était super enthousiastes.

Myriam : Oui, ça a été décisif, c’était beaucoup moins formel que les autres entretiens. Leur « Atelier Émergence » nous a directement mis à l’aise. On était 6 ou 7, chacun devait parler de soi puis de son binôme, ils nous ont ensuite présenté leur projet « Rêve et réalise »; c’était une évidence.

Quels ont été vos critères de choix ?

Meryem : Ce que je recherchais principalement, c’était une forme de liberté. La plupart des missions auxquelles j’avais postulé étaient assez cadrées, alors que le projet d’Unis Cité nous proposait de monter notre projet de A à Z. Cette liberté, c’est de la confiance.

Myriam : Oui, je recherchais aussi de l’autonomie. Tout est là, dans cette indépendance accompagnée. C’est notre projet et Unis Cité nous permet de le réaliser avec des conseils et un encadrement efficace et bienveillant de notre tuteur. On le voit toutes les deux semaines pour une réunion de suivi, ça se passe super bien !

Meryem : Le fait qu’on soit amies et qu’on puisse travailler ensemble fait aussi qu’on avance efficacement.

Myriam : Oui, on se connait bien et en plus on est complémentaires, donc on ne perd pas de temps à délibérer sur qui fait quoi; on fait.

Et justement ce projet c’est quoi ?

Myriam : On est en train d’organiser un tournoi sportif mêlant personnes en situation de handicap visuel et personnes valides pour casser les préjugés et créer du lien.

Meryem : En plus ça permet de faire découvrir un sport ! On a prévu des séances d’initiation au Torball avant le tournoi. C’est une déclinaison du handball adaptée aux déficients visuels. Elle se joue au sol et tout le monde a les yeux bandés, valides et déficients visuels sont sur un pied d’égalité. L’idée est de toucher les étudiants, notamment les futurs professeurs de sport pour développer une sensibilisation originale et positive au handicap.

Selon vous, le Service Civique est-il particulièrement utile lorsque l’on est en situation de handicap ?

Myriam : Je le recommanderais aux jeunes en situation de handicap à 300 %.

Meryem : Plus que 300 % ! Le Service Civique est un vrai tremplin pour la vie, surtout pour un jeune en situation de handicap. Beaucoup ont tendance à s’isoler. Ce que peu de gens savent c’est que lorsque l’on travaille, on nous enlève certaines aides spécifiques au handicap, ce qui incite un certain nombre de jeunes à se replier sur eux-mêmes, en se contentant de ces aides. Le Service Civique permet non seulement de continuer à en bénéficier, mais aussi de rompre l’isolement, de voir du monde, de revivre et d’aller vers un emploi !

Myriam : Ça inspire, ça donne des idées. Mon expérience avec Unis Cité, le chantier de cohésion, le travail en équipe, ça m’a boostée. Alors que je doutais de mon orientation professionnelle, que je voulais arrêter après avoir validé mes deux premières années d’études d’assistante sociale, cette expérience m’a redonné confiance et envie pour terminer mes études !

Meryem : Tu te sens vivre, ça donne envie d’exister, de se fixer des objectifs. Maintenant je veux monter mon entreprise de communication événementielle dans le domaine du sport, ou peut-être de l’audiovisuel.

Concrètement, peut-on améliorer le dispositif ?

Meryem : Il faut surtout le faire connaître. C’est aussi pour ça qu’on fait ce projet, pour parler du Service Civique aux gens. Je pense notamment aux associations qui travaillent à l’insertion des personnes en situation de handicap, il faut les sensibiliser à l’existence et à l’utilité du Service Civique.

Myriam : Le Service Civique améliore l’accessibilité du site, et le processus se poursuit, mais l’essentiel est réellement de promouvoir ce dispositif qui est un super moyen de retrouver de la confiance en soi et dans les autres !