Témoignage de Mathias, volontaire à Haïti

Publié le 23/04/2010

Mathias fait partie des premiers volontaires en Service Civique. Il est parti pour quelques mois à Haïti où il participe à la rescolarisation des jeunes.

De là-bas, il apporte un témoignage sur sa mission et sur l'expérience qu'il vit, au contact des populations qui ont subi un séisme de forte magnitude en janvier dernier.

"Bonjour,

Ici tout va bien pour les volontaires. Le travail avance bien dans les écoles et d'autres établissements sont très demandeurs pour recevoir des volontaires. Chacun d'entre nous se fait sa place parmi les enfants qui se précipitent chaque jour à notre arrivée pour savoir dans quelle classe nous allons travailler. Les professeurs sont très satisfaits de notre travail, ce qui, avec les constatations de l'ambassadeur et de nos responsables, a conduit à lancer un recrutement de 20 nouveaux volontaires pour le mois de juin. Ce recrutement devrait commencer sous peu et nos futurs collègues seront tout comme nous répartis dans des écoles proches de la Croix des Bouquets.


Nous travaillons dans les écoles le matin, avec des groupes de 5 à 10 enfants afin de leur faire travailler le français par le biais d'ateliers de conversation, de compréhension de texte... Nous ajoutons à ces activités scolaires des jeux qui font beaucoup de bien aux enfants. Parfois, nous prenons en charge des classes entières face à l'absence des professeurs dûe aux difficiles conditions de circulation dans le pays et bien entendu au séisme qui en a blessé certains.
 
La rentrée a été très progressive. Les enfants sont revenus assez lentement par crainte de rentrer dans des batiments en dur. Finalement ils sont tous plus ou moins là mais on voit que certains sont plus marqués que d'autres. Cependant la reprise de l'école leur a donné un cadre qui leur permet d'extérioriser leurs craintes et de comprendre ce qui s'est passé.
 
Toutes les écoles ne sont pas touchées. Certaines sont intactes (notamment Beudet) et d'autres plus ou moins fissurées (Charlotin Marcadieu). Les dégâts nécessitent parfois la destruction de certains batiments qui sont remplacés par des tentes. De toute façon cette solution est privilégiée par les enfants comme par les professeurs qui ont vraiment peur des structures en béton. Cette crainte s'amenuise avec la diminution des répliques mais revient ponctuellement et brutalement à la moindre alerte. Par exemple, un pneu de poids lourd a explosé juste devant l'entrée de l'école de Beudet, provoquant une panique générale. Alors que les plus petits couraient dans tous les sens, certains grands se blotissaient contre les murs en pleurant. Il a falllu un bon moment pour les rassurer et reprendre le travail.
 
En ce qui concerne l'ambiance de groupe, tout va bien. Nous sommes très soudés et partageons nos expériences pour renforcer nos capacités. Lors de nos temps libres, nous nous régalons notamment des plages haïtiennes.
 
Bref, tout se passe pour le mieux et l'expérience est très belle. Les enfants commencent à nous adresser des mots de remerciements et nous posent énormément de questions sur des sujets qui nécessitent toujours plus de recherches afin de donner des réponses exactes et complètes. Ils parlent de nous à leurs parents qui sont enchantés de les voir si heureux et d'avoir au travers d'eux des réponses à leurs propres interrogations sur le séisme ou d'autres problématiques. J'ai même reçu une lettre d'un gamin qui m'a beaucoup aidé dès mon arrivée, quand je ne maitrisais pas du tout le créole. Il m'a parlé de sa famille et m'a transmis les remerciements de ses parents qui étaient tristes de n'avoir aucune récompense à pouvoir m'offrir. Mais cette lettre était vraiment le plus belle que je puisse avoir.
 
Désolé mais je ne peux pas envoyer de photos. Depuis le début nous essayons, notamment pour nos familles, mais la connexion est trop mauvaise et rien ne passe.
 
Cordialement,
 
Mathias Cazin"