[Que sont-ils devenus ?] Grégoire Gangneux – Les Enfants du Canal

Publié le 20/06/2016

Tout comme Jaurès et Charlotte, Grégoire a eu la chance de participer au défilé du 14 juillet 2015. Où en est-il depuis cette cérémonie ? Rencontre.


© Yves Gellie

Agence du Service Civique : Que s’est-il passé depuis votre participation aux cérémonies du 14 juillet dans le cadre de votre service civique ?

Grégoire : J’ai continué mon Service Civique car contrairement à la plupart des autres volontaires présents, j’ai commencé ma mission en juin. C’était un peu étrange d’ailleurs de passer de la mairie de Paris, très jolie, très dorée, dans le cadre des défilés, puis de recommencer à travailler et de s’occuper tout de suite d’une expulsion de bidonvilles dans le cadre de mon service civique.

Pouvez-vous nous rappeler où vous effectuez votre mission et en quoi elle consiste ?

Grégoire : Je suis en mission auprès des Enfants du Canal, où je m’occupe d’accompagner administrativement des roms en difficultés. Je les guide vers Pôle Emploi, je vais parler au guichet pour expliquer la situation, et je suis accompagné d’autres volontaires qui parlent roumain ou bulgare et qui font la traduction et les mêmes missions aussi.

Que voulez-vous faire plus tard ?

Grégoire : Alors je change d’avis tout le temps ! (rires) En ce moment, j’aimerais bien travailler dans une institution en tant que défenseur des droits car j’ai déjà un peu étudié ça pendant ma licence en droit, mais là j’ai vu concrètement, par le biais de ma mission, en quoi ça consistait. C’est assez infini, et bien qu’ils n’aient pas un pouvoir de décision énorme, ils peuvent quand même aider dans les décisions importantes, et ils aident les gens en les orientant, en leur donnant des conseils juridiques, et parfois en allant directement plaider auprès de la justice.

Que comptez-vous faire après votre service civique ?

Grégoire : Je sais que l’année prochaine je vais reprendre les études, a priori un master en droit public. J’ai également candidaté pour être Lauréat de l’engagement car l’Institut de l’engagement pourrait me donner des informations et m’orienter sur ce domaine d’activité.

Est-ce que le service civique vous a aidé à développer des compétences particulières ?

Grégoire : Je ne sais pas si ça m’a permis de développer des compétences, mais en tout cas je suis plus conscient de mes qualités depuis ma mission. Par exemple, je suis quelqu’un d’assez timide, et je ne pensais pas que je pourrais travailler en équipe facilement. Et en fait le courant passe assez bien avec les autres, j’arrive à être chef d’équipe, à motiver les autres, donc de ce côté-là je suis assez content. Après, le Service Civique propose des activités à la portée de tout le monde, donc je ne pense pas avoir appris de nouvelles choses, mais ça m’a permis de tirer parti de ce que savais déjà faire.



© Yves Gellie

Est-ce que vous pourriez nous donner un exemple de journée type pendant votre mission ?

Grégoire : C’est difficile de donner une journée type car j’ai différents cas à gérer. Parfois je fais de l’accompagnement, donc mes horaires évoluent en fonction. Par exemple, moi je travaille sur le bidonville de Montreuil, celui dit des Acacias. J’y vais en binôme avec un collègue romanophone, et on va parler aux familles que l’on doit accompagner. On peut aller chercher des enfants pour les emmener se faire vacciner au CMS (centre médico-social) du coin. Le mercredi et le jeudi je fais du soutien scolaire, c’est ce que je fais d’ailleurs le plus en ce moment.

Avez-vous en tête un souvenir marquant de votre service civique ?

Grégoire : Oui, je pense que c’est l’expulsion de Bobigny, que j’ai évoquée au début de l’interview, juste après le 14 juillet. C’était assez dur parce que je connaissais pas ce bidonville, j’étais tout le temps à Montreuil. On a essayé de prendre des noms, les dates de naissance dans les familles, pour essayer de reloger les personnes expulsées par la suite. En plus le relogement prend un certain temps donc on se sent un peu impuissant à aider comme on le voudrait ces familles.

Est-ce que vous conseilleriez le Service Civique aux autres jeunes ?

Grégoire : Oui, c’est tout bénéf en fait. Sur un CV c’est génial, ça permet de prendre confiance en soi. Il y a aussi tout ce qu’on permet d’apporter aux autres, et même si ça dépend des missions, en général ce sont des missions très intéressantes. Et en ce qui concerne le côté alimentaire, c’est intéressant de recevoir une indemnité même si ce n’est pas le principal.

Retour à la liste des témoignages