« Quitte à ce que ce ne soit pas toujours parfait, ose être toi-même ! »

Publié le 14/10/2020

À l'origine diplômé d'un Brevet de Technicien Supérieur, j'ai commencé ma mission de Service Civique en mai 2018 à la Sous-Préfecture de Mulhouse. Il s'agissait d'accueillir et d'accompagner les usagers dans les services de la Sous-Préfecture, dont le point numérique dédié aux démarches relatives aux permis de conduire et aux cartes grises.

À l'époque, je manquais d'assurance et si je m'étais engagé par amour pour l'institution « Ministère de l'Intérieur » et par envie d'être utile aux autres, l'une des finalités de mon engagement dans cette mission était bien d'acquérir cette assurance dont j'avais tant besoin et qui me manquait tellement. Mais je ne me doutais pas pour autant de ce que cette mission me réservait.

Plus les jours passaient, plus je me trouvais inefficace. À l'origine de cette impression, la peur d'une éventuelle erreur qui viendrait hypothéquer toute ma carrière. Par peur de me tromper, il m'arrivait même bien souvent d'aller demander des informations pour lesquelles je connaissais la réponse, juste pour être rassuré.

Après quinze jours, on décidait de me faire découvrir le pré-accueil du service des étrangers. Il s'agissait en particulier d'accueillir les publics étrangers et de les orienter en fonction de la demande vers les services compétents. Mais là encore, je n'avais pas d'assurance. De temps en temps, la responsable en charge du pré-accueil me demandait ce qu'il m'arrivait, voyant que quelque chose n'allait pas. Mais bien incapable de répondre, je me disais « je ne suis toujours encore pas assez efficace ».

Un vendredi de la fin juin 2018, la quasi-totalité des collègues avec qui je travaillais m'ont dit « David, il faut qu'on te parle. Tu ne peux plus continuer comme ça, sinon, on ira en parler à la cheffe, et tu risques de perdre ta mission de Service Civique. », et la responsable en charge du pré-accueil d'ajouter que « des collègues, ce n'est pas fait que pour travailler, on a aussi le droit de rire ensemble. ». Mais au fond de moi, je n'étais pas convaincu. Une fois tout le monde parti, je suis allé voir la responsable en charge du pré-accueil pour lui dire que si ça ne tenait qu'à ça, de l'humour, je savais en faire. Elle m'a répondu « Alors, fais-le ! ».

Une fois rentré chez moi, j'interroge ma tante qui me donne le même conseil. « Quitte à ce que ce ne soit pas toujours parfait, ose être toi-même ! » me dit-elle. Légèrement enclin au changement, je suis néanmoins resté sceptique tout le week-end, pensant même à démissionner ! Mais j'avais pris une décision dont je ne savais pas encore qu'elle me serait salvatrice. Je m'étais dit « Quitte à tout perdre, autant tout perdre en ayant changé », en pensant tout de même encore qu'ils avaient tort et que j'avais raison.

Arrivé lundi matin sur mon lieu de mission, je passais donc à l'action, tout sourire, gentil, mais décidément pas convaincu. Et la matinée est passée, et même très bien ! En rentrant chez moi à midi, ma décision était prise : « Plus jamais comme avant ! » Je venais de sortir de ce qui était devenu pour moi une prison : la peur de mal faire et le souhait, l'illusion de vouloir être parfait...

Et depuis ce 2 juillet 2018, effectivement, PLUS JAMAIS COMME AVANT !! Depuis lors, mes anciens collègues de la Sous-Préfecture et mes anciens professeurs de lycée, et jusqu'à mon entourage plus proche, tout le monde s'accorde à dire que j'ai bel et bien changé et que j'ai pris de l'assurance.

Depuis, je suis moi-même devenu fonctionnaire du Ministère de l'Intérieur, cette belle maison qui est ma vocation depuis tout petit. Alors je profite de l'occasion pour remercier publiquement Monsieur le Préfet du Haut-Rhin, Monsieur le Sous-Préfet de Mulhouse et l'ensemble des équipes de la Sous-Préfecture de Mulhouse pour leur accueil et ce Service Civique que je ne suis pas prêt d'oublier ! Merci à eux pour leur patience et leur bienveillance à mon égard !

Et pour finir le message que j'aimerais adresser aux jeunes qui me lisent : vous qui sortez de l'école, engagez-vous ! Ça en vaut tellement la peine ! Vous me direz « On est mal indemnisé ! », mais le bénéfice qu'on tire du Service Civique vaut toutes les indemnités du monde ! Vous me direz « On est encore au chômage après ! » Oui, mais plus comme avant ! Vous serez largement plus à même de trouver un emploi après, de par votre expérience de Service Civique. De plus, certains organismes embauchent leurs anciens volontaires dans le cadre d'un contrat de travail classique à l'issue de la mission. Quoi qu'il en soit : ne vous découragez pas !

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