Baromètre Harris Interactive 2026

9 Français sur 10 favorables à une étape d’engagement des jeunes au service de la société

Proposer aux jeunes une étape d'engagement au service de la société suscite une très large adhésion : 9 Français sur 10 y sont favorables.

Dans un pays traversé par des fractures politiques, sociales, territoriales et générationnelles, l'idée de permettre aux jeunes de consacrer une période de leur vie au service de la société fait émerger un fort consensus.

Une très large majorité de Français (93%) adhère à cette idée, quelles que soient les générations, les catégories sociales ou leur lieu de vie. L'adhésion est massive chez les moins de 35 ans (87%), comme chez les 35-64 ans (95 %) et les plus de 65 ans (95%).

Ce consensus s'accompagne d'une conviction forte : une étape d'engagement constituerait un levier de cohésion nationale. Pour 88% des Français, elle aurait un impact important pour renforcer la cohésion « en réunissant des jeunes issus de milieux et d'origines différents », 87% pour resserrer les liens entre les générations. Plus largement, 89% estiment qu'elle contribuerait à transmettre le respect des règles et des valeurs de la République, faisant de cette expérience un marqueur concret du pacte républicain. Au-delà de sa dimension civique, cette étape d'engagement est également perçue comme un moment fondateur dans le parcours de vie. 85% des Français estiment qu'elle peut constituer un rite de passage vers l'âge adulte, en offrant aux jeunes une opportunité concrète de prendre des responsabilités, aspect qui ressort comme le principal apport de cette expérience pour un jeune (35% de citations).

Dans ce paysage, le Service Civique bénéficie à la fois d'une très forte notoriété et d'une image très positive auprès des Français. Alors qu’il concerne aujourd’hui 10% d'une classe d'âge [1], il est désormais installé dans le paysage français : 95% des Français en ont entendu parler, dont 60% déclarent savoir « précisément de quoi il s'agit », et 44% connaissent une personne ayant effectué une mission (56% chez les 16-25 ans). Sa notoriété s'accompagne d'une image très positive : 92% des Français en ont une bonne opinion.

Une étape d'engagement pour répondre aux défis d'aujourd'hui et préparer ceux de demain

Au-delà de sa dimension citoyenne, les Français perçoivent cette étape d'engagement comme un outil concret pour faire face aux grands défis du pays. Ils y voient d'abord un moyen de renforcer l'action des acteurs de terrain : 85 % estiment qu'elle aurait un impact important pour donner plus d’ampleur à l’action des associations et 80% pour aider les services publics à mieux fonctionner.

À plus long terme, cette étape d'engagement est également perçue comme une réponse aux deux grandes transitions auxquelles la France est confrontée : le changement climatique et le vieillissement de la population. 86 % des Français considèrent qu'elle pourrait jouer un rôle important pour relever ces deux défis (43 % « très important »). Surtout, elle est vue comme un moyen de préparer l'avenir en suscitant des vocations dans les métiers d'utilité sociale. 91% des Français estiment qu'elle pourrait encourager des engagements durables vers des professions comme les pompiers, les enseignants, les soignants ou les policiers.

En ce sens, lorsqu'ils hiérarchisent les missions à privilégier, les Français placent l'action sociale (48%), la protection de l'environnement (40%) et les secours ou la sécurité civile (37%) en tête de leurs priorités. Suivent les missions liées aux forces armées ou aux forces de sécurité (28%).

Pour réussir cette étape d'engagement, les Français ont de fortes attentes vis-à-vis de l’État

Si proposer aux jeunes une étape d'engagement fait consensus, les Français estiment que les conditions actuelles ne permettent pas encore aux envies d'engagement de s'exprimer pleinement. Pour 88%, l'engagement des jeunes au service de la société reste encore peu reconnu et peu encouragé. Plus de sept Français sur dix (71%) considèrent même qu'il demeure une démarche réservée à "une minorité, très mobilisée sur les questions de société".

Ce constat se retrouve dans la reconnaissance accordée au Service Civique. Seize ans après sa création et avec bientôt un million de volontaires accueillis, seuls 47% des Français estiment qu'il est suffisamment reconnu par le système éducatif, 45% par les entreprises et 44% par le monde politique.

Face à ce déficit de reconnaissance, les Français attendent un État qui s'engage pour l'engagement. Son rôle est jugé essentiel à chaque étape du dispositif : pour l'impulser (88%), contribuer financièrement à l'indemnisation des volontaires (87%) et reconnaître cette expérience dans les concours de la fonction publique (86%).

Un large soutien à l’élargissement du Service Civique à tous mais le rejet d’un Service Civique obligatoire

Les résultats du sondage montrent que les Français soutiennent une montée en puissance de l'engagement, à condition qu'il repose sur le libre choix et qu'il soit accessible à tous.

Près de sept Français sur dix (68%) souhaitent que davantage de jeunes puissent réaliser un Service Civique. Ils sont également favorables à son ouverture à d'autres publics : 76% souhaitent qu'il soit accessible aux retraités.

Plus largement, 87% des Français approuvent l'idée de supprimer toute limite d'âge et de faire de cette étape d'engagement une possibilité offerte à tous les citoyens. Cette adhésion est encore plus forte chez les moins de 35 ans : 55% se déclarent "tout à fait favorables" à cette universalisation, contre 44% dans l'ensemble de la population. Ces résultats peuvent être lus comme l’expression d’une conception largement partagée de l’engagement, qui ne serait pas réservée à la seule jeunesse dans un contexte marqué par les préoccupations sociales et environnementales.

En revanche, les Français rejettent très nettement l'idée d'un engagement obligatoire. En ce sens, seuls 23% se disent favorables à un Service Civique obligatoire.

Focus sur l'opinion des 16-25 ans 

Les 16-25 ans se distinguent dans la nature des missions d’engagement en accordant davantage d'importance aux actions de coopération internationale, humanitaires ou d'aide au développement (40%, contre 30% dans l'ensemble de la population).

Par ailleurs, si les jeunes se montrent largement favorables à une étape d’engagement, ils expriment également une attente forte de souplesse et d’adaptabilité dans ses modalités.

Dès lors, cette attente de souplesse se traduit : par un rejet net de rendre obligatoire cette étape d’engagement (89%) ; par une plus grande diversité des moments jugés les plus adaptés pour ce type d’engagement.

Par ailleurs, le sentiment d’un manque de reconnaissance de l’engagement de la jeunesse est également très présent chez les jeunes eux-mêmes : 79% considèrent que l’engagement des jeunes au service de la société reste insuffisamment reconnu.

Si les jeunes se montrent largement favorables à une étape d’engagement (86% contre 93% en population générale), ils expriment également une attente forte de souplesse et d’adaptabilité dans ses modalités. En effet, ils considèrent davantage que l’ensemble des Français qu’une telle étape pourrait s’avérer « exigeante, voire contraignante » pour eux-mêmes (73 %, contre 69 % en population générale).

Cette attente de souplesse se traduit par un rejet plus net d’un Service Civique obligatoire (89% contre 77 %) .

Les 16-25 ans se distinguent également par l'importance accordée aux actions de coopération internationale, humanitaires ou d'aide au développement (40 %, contre 30 % dans l'ensemble de la population).

Enfin, le sentiment d’un manque de reconnaissance de l’engagement de la jeunesse est également très présent chez les jeunes eux-mêmes : 79 % considèrent que l’engagement des jeunes au service de la société reste insuffisamment reconnu.


[1] INJEP, 2025. Le Service Civique en chiffres 2024

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